Après la parenthèse socialiste de 2011, la droite reprend les rênes du Sénat. Depuis les municipales c’est la déroute pour la gauche, qui voit ses alliés laminés. Le FN rentre dans la chambre haute pour la première fois. Changement.

Le Sénat ne se renouvelle jamais complètement mais ces élections partielles ont tout de même permis à la droite de reprendre la majorité au sénat. Concernant cette fois 58 départements en métropole, la Guyane et quatre collectivités ultra-marines, 87 534 grands électeurs étaient donc chargés d’élire ou de réélire 178 sénateurs. Les 170 autres avaient été renouvelés en 2011, dont les deux sénateurs calédoniens pour un mandat de six ans. Les parlementaires, conseillers généraux et régionaux, représentent une minorité du corps électoral : c’est-à-dire moins de 5%. L’écrasante majorité des électeurs (plus de 95 %) est constituée par les maires et surtout leurs conseillers municipaux et leurs délégués.

Le Sénat repasse à droite

Passé à gauche en 2011 pour la première fois, le Sénat retourne entre les mains de l’opposition au Gouvernement socialiste. Le collège de grands électeurs étant composé à 95% des représentants des communes, mécaniquement, la large victoire de l’UMP et de l’UDI aux dernières municipales devait changer la composition de la haute assemblée. Et si dans le camp socialiste on minimise cette déroute (les socialistes n’ayant perdu « que » 14 sièges), les alliés du PS ont été laminés. Ainsi, le président du parti radical de gauche (PRG) Jean-Michel Baylet a été battu dans le Tarn-et-Garonne. C’est le cas également de l’ami personnel du chef de l’Etat Bernard Combes, candidat en Corrèze, le fief de François Hollande. En Savoie, l’ex-ministre du gouvernement Ayrault, Thierry Repentin, a été sévèrement battu, le maire de Tulle, conseiller à l’Elysée l’a été également. La gauche a perdu ce dimanche les deux sièges en Haute-Saône, trois en Haute-Garonne, un en Corse du Sud, un dans l’Aveyron, un siège dans le Gard, le Tarn, le Finistère et le territoire de Belfort, fief de Jean-Pierre Chevènement qui ne se représentait pas.

S’il s’agit d’un nouveau revers pour la majorité présidentielle, celui-ci reste beaucoup moins important que lors des municipales car les conséquences sur la politique du gouvernement sont minimes. La Constitution prévoyant qu’en cas de désaccord législatif entre le Sénat et l’Assemblée nationale, c’est cette dernière qui a le dernier mot. Pour autant, cela n’empêche pas le sénat de retarder la machine gouvernementale, une habitude qu’avait prise autrefois la haute assemblée sous Charles de Gaulle puis lors de la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Si Laurent Fabius et Jean-Christophe Cambadélis ont déjà cherché à minimiser son influence, un sénat à droite reste tout de même l’assurance de complications pour le gouvernement.

Le FN rentre au Sénat

Marine Le Pen souhaitait « créer à nouveau la surprise ». C’est chose faite puisque le parti frontiste voit l’élection de Stéphane Ravier (Bouches-du-Rhône) et de David Rachline (Var) qui deviennent les deux premiers sénateurs qu’ait jamais eu le Front National. Le maire de Fréjus devenant, à 26 ans, le plus jeune sénateur de la Vème République. Si l’entrée des deux sénateurs FN au palais du Luxembourg est surtout symbolique, le FN compte sur un objectif plus politique et médiatique : « Cela permettra à tous de constater notre progression électorale et politique dans un corps électoral particulier, celui des grands électeurs », assure Michel Guiniot, qui supervise les élections au sein du parti de Marine Le Pen.

Pour François Hollande cette troisième défaite électorale sonne néanmoins comme une énième Bérézina. D’autant plus que le Président de la République est désormais dans l’incapacité de faire modifier la constitution, ne disposant plus des 3/5ème des parlementaires nécessaires. De quoi supposer d’ores et déjà que le Gouvernement ne trouvera aucun intérêt à réunir l’ensemble des députés et des sénateurs à Versailles avant 2017 ; S’éloigne ainsi l’hypothèse d’un changement de la Loi Organique s’agissant du référendum de sortie de l’Accord de Nouméa…

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Jeune internaute tout frais sorti d'un œuf de la discorde, Machiavel à la plume alerte des jeunes pousses. Techno-connecté, s'exprimant sur tous les réseaux sociaux, Machiavel représente cette génération 2.0 qui occupe naturellement le Net. Marqué à droite, ses premiers écrits tranchent avec le politiquement correct habituel en Calédonie. A n'en pas douter, au fil du temps, le plus jeune de nos contributeurs saura prendre sa place parmi les "grands".
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josyppin

G.LARCHER, élu  président du Sénat, vient de déclarer : «  » Larcher need Raffarin to win against Raffarin. » »

gilbert

Oui et pendant ce temps la ….. THÉVENOUD est toujours député. Pensons à lui. Ne l’oublions pas.

Moby Dick

Larcher = Le retour du fric, de JR et du cholestérol à la tête d’un sénat. Bof…

père béber

on cherche des économies parai t il  ? Facile supprimer le sénat qui  sert à rien sauf à ralentir l’action législative et à compliquer encore plus les textes au point de les rendre peu compréhensibles .c’est prés d’un milliard par an cette plaisanterie et puis se dire qu’on va avoir  le choix entre 2 girouettes de l’UMP…Larcher et Raffarien ça confirme que c’est de l’argent public mal employé

Laurent

Tant qu’a faire, on pourrait virer l’assemblée aussi, ce serait plus simple…

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