Nous les Français n’aimons rien mieux que de nous remémorer ces périodes glorieuses de notre histoire où, face à un péril, nous avons su transcender nos différences et faire taire nos haines, pour le terrasser. La France n’a jamais été plus admirable que dans l’Union Sacrée et de Gergovie à la Marne, de Valmy à Clémenceau jusqu’à France-Ukraine, ces sublimes moments d’histoire ont forgé notre peuple et contribué à sa renommée.
Parce que Français, les Calédoniens loyalistes rêvent d’Union Sacrée, grâce à laquelle le danger indépendantiste serait irrémédiablement repoussé jusqu’aux limes de la Calédonie. Voilà pourquoi ils se sentent soulagés que les trois principaux partis non indépendantistes aient créé un concept, une entité (Le pacte de Gouvernement Solidaire) pour unir leurs forces.
Mais ils se fourvoient. Ces dernières années, la conscience politique calédonienne n’aura reposé que sur des postulats faux (il faut que les loyalistes s’unissent… Ça n’est qu’une affaire d’égo…) qui ont déformé la vision que l’on pouvait avoir de la réalité. Il n’y a pas d’égo, mais des philosophies politiques foncièrement opposées et des visions d’avenir qui ne peuvent ni se croiser ni se rejoindre. Ce qui fait que, quoiqu’on en espère, le Pacte de gouvernement solidaire, ça n’est pas l’an II, mais une contrainte !
Le 11 mai a accouché d’une aberration. L’embarras dans lequel nous sommes, tient que le parti vainqueur du scrutin n’a pas la majorité et se trouve pieds et poings liés, otage de mouvements qu’il a pourtant largement distancés. Voilà Calédonie Ensemble, roi de l’arène empêtré dans les filets de rétiaires auxquels les Calédoniens n’ont accordé pourtant qu’une confiance relative et limitée. Une forme d’injustice, la force injuste d’une loi électorale aux étonnantes conséquences.
Il n’y a donc pas d’union sacrée dans les sourires de Yanno, Gomès et Ligeard, mais une contrainte, avec cette petite pointe de souffrance qu’occasionne un piquant sur la cheville. Il n’y a pas d’union parce qu’il n’y a pas de péril… cet immuable écart 60-40, sorte de principe de Pareto politique, entre indépendantistes et loyalistes écarte toute prédiction de danger. Si danger il y a, et c’est ce qui doit motiver le pacte, il réside dans la situation pitoyable dans laquelle trois ans de gestion Martin et de la coalition ont plongé la Calédonie.
Ce qui froisse dans l’affaire, c’est que le Pacte, écrit, signé, et admis, exonère de tout bilan, ceux qui ont eu à gérer province et Calédonie durant tout ce temps, avec les effets que l’on connaît. C’est qu’il remet en selle certains qui jusqu’alors accumulaient les revers électoraux et qui auraient dû disparaître. C’est enfin que la question que les Calédoniens se posent, même ceux qui espèrent beaucoup en cette nouvelle alliance, ça n’est pas : comment vont-ils faire ? Mais combien de temps cela va-t-il durer ?
Caton
Quand Caton découvre l’eau tiède…
oui, un style pompeux et grandiloquent pour ne rien dire…
Ah, proportionnelle quand tu nous tiens. Ben oui, faut faire avec, c’est une des caractéristiques de la Nouvelle Calédonie.Rien de nouveau sous le soleil. Circulez, il n’y a rien à voir.Salam Alikoum
Sur le fond CATON n’a pas tort….
Non Eric: C.E. n’est pas “généreux”: il est coincé… mais je comprends que ce soit difficile à formuler.C’était d’ailleurs joué d’avance.Pas faute de vous l’avoir seriné à longueur de post….. Mais Clark est un con et il ne sait pas de quoi il parle… On sait…
Normalement la démocratie c’est le peuple qui choisit. Mais quand le peuple choisit de ne pas “assez” choisir, qu’est-ce qu’on fait ? On signe un papier tout vide pour faire semblant et on prend une grande respiration avant d’entrer dans la dernière mandature. Il est vraiment temps d’amender tout cela et de se doter d’une gouvernance institutionnelle plus forte. Oups, on ne peut pas. Pas encore. La dilution du pouvoir est issue de l’accord de Nouméa, et elle est destinée à ne pas imposer le fait majoritaire. Du coup ce sont les majoritaires qui rament. Bien joué.